COVID-19 : Anxiété ou résilience, ses 2 effets contraires chez les plus âgés

On retiendra de ce sondage (national pour les Etats-Unis), deux effets contraires de la pandémie COVID-19 sur la santé mentale des plus âgés : les personnes plus fragiles ont souffert d’anxiété et leur sommeil a été perturbé, les plus positives ont accru leur capacité de résilience face aux difficultés. Enfin, chez les plus fragiles, près d’une personne sur trois hésite toujours à aller rechercher l’aide dont elle en a besoin. Ce dernier constat, qui vaut d’ailleurs en dehors des périodes épidémiques, rappelle la nécessité, plus que jamais, d’élargir les interventions de détection chez les personnes âgées et isolées, et de développer des services de soutien en santé mentale, pour les aînés mais aussi tous ceux qui souffrent de séquelles mentales liées à la crise sanitaire.

 

Le sondage a été mené auprès d’un échantillon national de plus de 2.000 adultes âgés de 50 à 80 ans, fin janvier lorsque les taux de cas de COVID-19 étaient élevés dans tout le pays et que la vaccination des personnes âgées venait tout juste de commencer.

1 personne âgée sur 5 affirme que sa santé mentale s’est détériorée

Ce taux de 20% vient confirmer les conclusions de précédentes études épidémiologiques, dont la plus récente en date, de l’Université de Zurich. 20% de la population âgée souffrent d’une détérioration et de troubles du sommeil depuis cette période. Plus d’une sur 4 exprime de l’anxiété sur la suite de la pandémie.

 

Les femmes, la tranche d’âge 50-60 et les personnes âgées à haut niveau d’études sont plus susceptibles que les autres de signaler une dégradation de leur santé mentale durant la pandémie ; c’est aussi le cas de 24% des personnes âgées ayant une santé physique passable ou mauvaise, celles-ci déclarent également une santé mentale dégradée ;
les symptômes de santé mentale, tels que ressentis au cours des 2 semaines précédant le sondage accusent une prévalence élevée : 28% des personnes âgées se déclarent déprimées ou désespérées 34% nerveuses ou anxieuses, et 44% stressées ;
64% des personnes âgées interrogées déclarent des difficultés à s’endormir ou à rester endormi. Ces problèmes de sommeil interviennent au moins 1 fois par semaine. C’est le double du taux recueilli sur le même item et auprès d’un groupe similaire de personnes âgées, 2 ans avant la pandémie.

L’émergence d’une résilience à long terme

C’est l’autre effet, celui-là positif de cette crise sanitaire : le sondage recueille aussi les signes encourageants selon lesquels de nombreuses personnes âgées ont développé et font preuve de résilience à long terme. Les deux tiers font part d’une santé mentale actuelle « excellente ou très bonne » ;

Plus de 80% des personnes âgées de groupe plus résilient jugent leur santé mentale aussi bonne ou meilleure qu’il y a 20 ans ;
46% disent se sentir isolés, mais c’est moins que les 56% obtenus, lors d’un sondage similaire réalisé au printemps 2020 : cela suggère que la poursuite de la pandémie aura permis de « resserrer » les rangs ;
enfin 29% déclarent avoir adapté leur mode de vie pour préserver leur santé mentale depuis le début de la pandémie, en pratiquant l’exercice par exemple, en changeant leur alimentation et en pratiquant la méditation.

 

C’est une nouvelle phase de la pandémie qui s’ouvre, et la plupart des personnes âgées étant vaccinées, il est aujourd’hui essentiel de garantir un accès aux soins de santé mentale pour détecter et traiter les effets persistants de cette période prolongée de stress, conclut l’auteur principal, le Dr  Lauren Gerlach, psychiatre gériatrique à Michigan Medicine.

Si encore un adulte sur 4 hésite encore à aller rechercher un soutien auprès d’un professionnel qualifié, les personnes plus âgées sont plus enclines à demander de l’aide en santé mentale : ici,

 

71% déclarent ne pas hésiter à aller consulter un professionnel de la santé mentale si besoin ;
13% déclarent avoir déjà discuté de leur santé mentale avec leur médecin.

 

« Il reste » les 29% de personnes âgées qui hésitent à consulter un professionnel de la santé mentale, et ces patients devraient être ciblés par des initiatives de détection. On retiendra enfin ces effets positifs de consolidation de la résilience chez certains pendant une période aussi difficile, ce qui ne doit pas conduire à réduire les interventions de soutien alors que nous sortons de la pandémie. Tout au contraire.  

Équipe de rédaction Santélog

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