GLIOBLASTOME : La piste du régime cétogène

C’est une étude de cas qui ne porte que sur un patient, mais elle montre que ce patient, qui suit un régime cétogène vit avec un glioblastome -à mutation IDH1- sans progression ou presque et plus de 80 mois après le diagnostic. Suivi par les cliniciens du Boston College, ce cas, documenté dans la revue Frontiers in Nutrition, révèle a minima, l’intérêt de l’utilisation du propre métabolisme du corps pour lutter contre ce cancer particulièrement agressif, ici au lieu de la chimiothérapie et de la radiothérapie.

 

Ce patient britannique a rejeté la norme de soins pour traiter son cancer du cerveau et vit avec cette tumeur, généralement mortelle. Son glioblastome se développe très lentement depuis l’adoption du régime cétogène. C’est le premier exemple documenté de thérapie métabolique cétogène (KMT) sans interventions de chimiothérapie ou de radiothérapie, sur un patient diagnostiqué avec un glioblastome « mutant IDH1 ». Ses médecins rappellent que le régime cétogène est pauvre en glucides et riche en graisses et que ses bénéfices ont principalement été démontrés dans la prise en charge de l’épilepsie.

Dans ce cas particulier, le glioblastome est caractérisé par une mutation, bénéfique, connue sous le nom d’IDH1.

Cette mutation acquise par hasard est déjà connue pour améliorer la survie globale. Ces résultats pourraient donc être tout particulièrement pertinents pour d’autres patients dont les tumeurs portent cette mutation, explique l’un des auteurs principaux, le Dr Thomas Seyfried, professeur de biologie au Boston College. Cet expert en nutrition préconise depuis longtemps les avantages du régime cétogène dans le traitement de certains cancers.

 

Description du cas : le patient a reçu un diagnostic de glioblastome en 2014 et a souhaité éviter la norme de soins pour un régime cétogène autocontrôlé donc très allégé en glucides et riche en graisses. Les chercheurs ont alors observé une croissance extrêmement lente de la tumeur du patient sur une période de 3 ans jusqu’en 2017. En 2017, le patient a subi une « réduction chirurgicale » de sa tumeur. L’échantillon de pathologie a confirmé le diagnostic de glioblastome et a identifié la mutation IDH1. Après la chirurgie, le patient a poursuivi le régime cétogène. Comme ce régime semblait influer de manière très positive contre la croissance tumorale, le patient a encore intensifié sa thérapie en 2018 avec l’apport de techniques de pleine conscience pour réduire le stress. Durant cette période, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) a montré une progression tumorale très lente et le patient a bénéficié d’une bonne qualité de vie.

A ce jour, la survie avec une bonne qualité de vie, atteint 82 mois depuis le diagnostic initial.

Quel processus pour expliquer les bénéfices observés chez ce patient ? Le régime cétogène semble bien fonctionner ici, en synergie avec la mutation IDH1, pour cibler simultanément les deux principales voies métaboliques nécessaires pour stimuler la croissance du glioblastome, la voie de la glycolyse et la voie de la glutaminolyse.

Aucune tumeur, y compris le glioblastome ne peut survivre sans glucose et glutamine.

Comme la plupart des cancers malins, le glioblastome dépend de des carburants fermentescibles, tels que le glucose et la glutamine pour sa croissance. En privant la tumeur d’énergie et en augmentant simultanément et en compensation les corps cétoniques non fermentescibles, il devient possible de gérer le cancer, sans aucun effet toxique. Cette de cas étude met ainsi en lumière un mécanisme par lequel une mutation somatique acquise agit en synergie avec un régime pauvre en glucides et riche en graisses assure une bonne gestion à long terme d’une tumeur du cerveau mortelle.

 

Tester la thérapie chez d’autres patients diagnostiqués avec un glioblastome est la prochaine étape que s’est fixée l’équipe. Le glioblastome est la tumeur cérébrale primitive maligne la plus fréquente chez l’adulte et son incidence annuelle, en hausse, atteint 4 cas pour 100.000 personnes. Les nouvelles immunothérapies ont permis d’améliorer sa durée de survie à 15 mois après diagnostic, mais le pronostic reste donc très négatif.

 

Malgré l’intérêt incontestable de cette étude de cas individuel, les auteurs écrivent dans leur communiqué : « Nous ne pouvons pas prédire si la réponse thérapeutique au régime cétogène observée chez notre patient sera également partagée par d’autres patients atteints de glioblastome, en particulier sans la mutation IDH1« .

 

Cependant, les scientifiques citent d’autres études suggérant que le ciblage simultané de la disponibilité du glucose et de la glutamine peut prolonger de manière significative la survie dans les glioblastomes, chez la souris.

Équipe de rédaction Santélog

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