OBÉSITÉ et CANCER : L’inflammation, un lien physiopathologique critique

Des anomalies métaboliques et inflammatoires, indépendamment ou en combinaison, semblent constituer ce lien biologique critique entre l’obésité et le cancer. Cependant, les connexions spécifiques entre ces facteurs restent complexes et insaisissables. 3 nouvelles recherches contribuent aujourd’hui à documenter ces différents aspects de la corrélation entre le cancer et l’obésité.

Publiées dans la revue du même nom, obesity, ces études mettent en évidence la contribution de facteurs métaboliques tels que les lipides, l’insuline et la leptine de l’obésité sur les capacités pro-oncogènes des cellules myéloïdes, des acteurs clés de l’inflammation chronique, une caractéristique commune et physiopathologique sous-jacente aux deux pathologies.

 

Le rappel d’un paradoxe de l’obésité : pour illustration de la complexité de la relation entre obésité et cancer, l’un des auteurs principaux, le Dr Maria D. Sanchez-Pino, professeur au Stanley S. Scott Cancer Center (New Orleans) rappelle que si le maintien d’un poids santé est un principe essentiel pour prévenir le cancer, l’obésité semble présenter des avantages pour l’immunothérapie anticancéreuse, « une observation cliniquement et scientifiquement fascinante récemment documentée » (1). Décrypter les mécanismes moléculaires par lesquels les facteurs métaboliques associés à l’obésité activent ou améliorent la fonction des cellules myéloïdes suppressives (MDSC pour myeloid-derived suppressor cells), des cellules capables d’inhiber les fonctions des lymphocytes T et qui favorisent la croissance tumorale- pourrait permettre d’identifier de nouveaux biomarqueurs de pronostic et de la réponse thérapeutique.

Parvenir à perturber le lien inflammatoire physiopathologique entre l’obésité et le cancer.

La seconde étude (2) montre des différences significatives dans les associations prédictives de l’obésité et du risque de cancer avec le sexe et l’origine ethnique. En d’autres termes, nous ne sommes pas tous égaux quant à l’impact de l’obésité sur le risque de cancer. Cette étude révèle ainsi des groupes de populations où l’IMC est bien et fortement associé au risque de cancer.

Enfin, les experts proposent une méta-analyse (3) de la littérature sur le lien mécaniste entre le diabète, l’obésité et le cancer et appellent à plus de recherche sur cette connexion complexe mais aussi à des interventions cliniques et de santé publique.

 

Rompre les liens entre l’obésité, le diabète et le cancer pourrait transformer la santé et le bien-être de la société : mais il reste encore un long chemin à parcourir. Dans l’attente, et en dépit des « paradoxes de l’obésité », les auteurs réaffirment l’obésité comme l’un des facteurs majeurs de cancer et appellent le public au maintien d’un poids de santé, pour cette raison, entre autres.

Équipe de rédaction Santélog

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